Microcosme : voilà le terme Democritéen que j'aurais du utiliser au lieu de "micro-monde" dans mon article précédent!
De plus, d'après l'article de Wikipedia il semble que Pythagore ait conclu un peu la même chose que moi (par rapport a ma chronologie, ou moi que lui, historiquement parlant...):
Pythagore (vers 530 av. J.-C.) développe le concept de microcosme. Un texte postérieur lui fait dire ceci :
"On dit de l'homme qu'il est un microcosme [mot créé plus tard, par Démocrite], non parce qu'il est composé des quatre Éléments -car c'est aussi le propre de chacun des êtres vivants et même des plus rudimentaires - mais parce qu'il possède toutes les valeurs du cosmos. Dans le cosmos, en effet, il y a des dieux et il y a aussi les quatre Éléments [découverts plus tard, par Empédocle], les animaux sans raison et aussi des plantes. Toutes ces valeurs, l'homme les possède. Il a, en effet, une vertu divine, la raison ; il a les possibilités naturelles des Éléments : se nourrir, se développer et engendrer son semblable. Il est cependant imparfait en chacune de ces valeurs et, de même que l'athlète complet qui n’a la forme nécessaire pour toutes les épreuves est inférieur dans chacune à celui qui ne pratique qu'un seul sport, ainsi l'homme, qui détient toutes les valeurs, souffre d'insuffisance dans chacune d'elles." Vie de Pythagore, apud Photius, Bibliothèque, t. VII, Belles Lettres.
Pour la petite histoire, je suis tombé sur le terme en lisant cet article sur Démocrite, dans un site très intéressant ou j'ai été attiré par une utile comparaison de Democrite et d'Epicure, meme s'il reste encore moins de traces de Democrite que d'Epicure.
Une différence: Pythagore semble incorporer la raison (le divin) dans le microcosme alors que je pense que la raison, la conscience EST le reflet extérieur d'un microcosme qui lui-même a une forme matérielle (persistance neuronale?), réfléchie et nourrie à partir des flux perceptifs provenant du Monde extérieur.
Pour moi la raison part d'un modèle interne imparfait que nous nous représentons du monde extérieur et a partir duquel nous expérimentons intérieurement plus ou moins sciemment (pensée, imagination, rêve).
Je suis tout a fait d'accord avec Pythagore sur l'imperfection du modèle, et je trouve important de réaliser l'impossibilité physique et logique qu'il le soit.
Aussi je me demande , y-a-t-il importance, voir intérêt à vouloir se représenter le monde de manière parfaite, identique comme le souhaitent les idéalistes?
Bien sur que non.
Primo, devenir le Tout, se représenter le Tout complètement et parfaitement n'est d'abord pas physiquement possible (voir physique Epicurienne: comment un corps, une partie pourrait-elle être le tout?), ni franchement souhaitable a priori: quel intérêt d'être quand on sais tout ce qui est?
Sans compter les paradoxes logiques: le monde change, comment puis-je changer exactement de la même manière? Et si le monde me contient, et que je contiens son modèle exact, ne dois-je pas aussi contenir ma propre représentation? Si A inclus B et B inclus A alors A=B. Quel intérêt d'être égal au monde?
De toute façon sur wikipedia, le point de vue de Marcel Platon est comme souvent a cote de la plaque...il se borne à comparer le corps humain au monde. Pas faux du point de vue métaphorique, mais pas super intéressant non plus hors du champ symbolique. "Oui, mon pied est comme la terre que je foule, mes nerfs comme des ramifications végétales." Bien vu, mais bof.
Secondo, je pense qu'il y a une forte intelligence a ne pas se représenter le monde de manière parfaite, mais de bien le modéliser de façon pragmatique, plutôt que de le mémoriser et de le copier bêtement. Je crois que Descartes a dit dans son discours que "La méthode est l'économie de la mémoire.". Une de mes devise!
Il est indispensable de comprendre cela quand on programme un logiciel avec des ressources limitées.
Le même algorithme peut être écrit soit de manière "simple" si on dispose de beaucoup de mémoire (comme on trie des documents en plusieurs piles si on a de la place chez soi), ou de manière complexe, plus organisée (si on n'a pas de place on minimise les piles et les mouvements pour ranger).
sur un ordinateur on peut aussi compresser au coût du temps de calcul: les données sont présentes, il faut juste un peu de temps pour y accéder et les décompresser.
Et quand je compare le cerveau a un ordinateur, cela prend encore plus de sens au niveau éducatif. On peut apprendre par cœur ou on peut systématiser, mais c'est la différence entre Rainman et Einstein (mashup: Rammstein? =) ). La mémoire n'est pas un mal, elle est indispensable sans le moindre doute pour la plus infime opération de l'esprit, mais ce n'est pas le facteur limitant le plus important: il est plus efficace d'apprendre une formule que la table de calcul.
Je pense que le cerveau humain par ses neurones, est particulièrement bon a modéliser et a généraliser de manière innée.
En revanche il y a une part de danger a déduire de telles règles non pas du monde mais du modele imparfait. Mais c'est aussi ce qui rend la vie si intéressante: toutes ces erreurs qui mènent à des résultats inattendus!
Il y a aussi une part ludique a essayer de se représenter le monde le mieux possible avec une vision déformée, partielle!
Pour Epicure, il est ainsi important d'observer la nature pour se la représenter, la "sentir", et la joie qui découle de sa compréhension est sans pareille.
On ne va pas toujours réinventer la roue, mais le chemin qui y mène sera plus facile a mémoriser si on l'a parcouru soi-même, et on y apprendra aussi beaucoup plus que la roue seule.
L'abstraction (dans le sens du principe de la boite noire) est très utile de nos jours avec la complexité croissante de la science, mais je ne comprends comment des gens peuvent programmer sans connaitre les bases du fonctionnement d'un ordinateur (mémoire, cpu, bus, stockage, système d'exploitation...).
Bon, lundi on va faire moins pratique, je vais parler un peu des dieux, j'ai deux-trois choses à en dire.
vendredi, octobre 09, 2009
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