Affichage des articles dont le libellé est civilisation. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est civilisation. Afficher tous les articles

mardi, décembre 01, 2009

Comment ça marche? L'exploitation capitaliste

Executive compensation vs. the world - Boing Boing

J'aime particulièrement cette citation de Grover Norquist:
«I don't want to abolish democracy. I simply want to reduce it government to the size where I can drag it into the bathroom and drown it in the bathtub.»
Tout en m'insurgeant contre cette déclaration, je constate qu'elle résume bien de façon "honnête" -et à voix haute, ce qui est rare- la mentalité sournoise du capitalisme.
Le cité doit avoir confiance (justement, d'ailleurs) dans le fait que la révolution n'aura certainement pas lieu pendant sa vie,e t que d'autres formes d'exploitation et de contrôle apparaîtront d'ici là...

Errata! la citation est incorrecte: «My goal is to cut government in half in twenty-five years, to get it down to the size where we can drown it in the bathtub.»
Pas franchement la même chose! Ca m'apprendra à citer les commentaires d'un blog (même si je suspecte littlebrother d'être Cory l'auteur du blog)...
Déclaration en fait anti-étatiste tout autant intéressante (belle allitération en T).
Entre corporatisme et étatisme: à qui se fier?

lundi, novembre 23, 2009

la toile rend-elle con?

Malwebolence - The World of Web Trolling - NYTimes.com

Voici un article passionnant sur une "nouvelle" forme d'anarchisme et de misanthropie en ligne: les trolls-bullies.
Les idées éthiques soulevées sont intéressantes et simplistes en apparence, bien qu'elles se révèlent à mon avis plus complexes lorsqu'on gratte la surface.
En voici quelques unes:
- tout le monde a-t-il le droit de se connecter sur la toile? Ne faudrait-il pas un certain élitisme pour éviter toutes sortes de "pollutions" de la toile ? Tout le monde a-t-il le même droit à la liberté d'expression?
- une faille non colmatée ou un mauvais flicage de site donnent-ils le droit d'en abuser? Peut-on abuser des faibles seulement parce qu'on est plus fort? (à mon avis, c'est la définition des bullies qui cèdent à la facilité).
- comment réagir face à des commentaires anonymes en ligne? Quelle valeur pour ces commentaires?

J'aime particulièrement bien le raisonnement sur les "cheveux verts": comme quoi en général, on se moque d'une remarque ridicule faite par un inconnu "tu as les cheveux verts", mais si le sujet concerne qqchose de réel ou proche "tu est un mauvais journaliste", alors des remarques sans fondements faites par des inconnus anonymes deviennent soudain blessantes pour certains, qui partent en vrille.

La clef contre la crédulité est de vérifier ses sources, et cela requiert une certaine pratique et méthode qui doit s'apprendre et se tenir à jour régulièrement.

Il faut aussi impérativement un niveau de recul que l'on aurait naturellement je crois face à des gens, et que l'on perd pour je ne sais quelle raison lorsqu'on bascule "en ligne".

De même, le bon sens disparaît souvent en ouvrant le navigateur, et des gens livrent des détails ou des secrets sur le web.

Il y a aussi enfin le confort de l'anonymat présupposé (et de moins en moins véritable), qui ouvre les subconscients et leurs fantasmes.

Pour conclure je vais paraphraser Nietzsche en disant "lorsque nous regardons la toile, la toile aussi regarde en nous".
En d'autres termes: la grande mis-conception du réseau, c'est que ce n'est pas nous qui allons sur la toile pour surfer, c'est la toile que nous laissons entrer chez nous...

vendredi, octobre 16, 2009

En finir avec l'ère religieuse...

J'écoute pour la première fois ce jour M. Onfray, répondant aux auditeurs le 1er Août 2008:
"C'est l'arrivée d'une religion qui détruit une autre religion, et jamais on n'a eu l'exemple de l'abolition d'une religion par une autre philosophie."

En exemples: Robespierre et le culte révolutionnaire de l'être suprême, puis le Soviétisme.

Et finalement: "On ne décrète pas du jour au lendemain la fin d'une religion. La religion obéit à plein de choses et si veut s'attaquer à une religion il faut s'attaquer à ce qui rend possible la religion. Ça n'est jamais une bonne chose de s'attaquer à une religion.
En revanche attaquons-nous à ce qui génère les religions.
Justement, en faisant l'histoire des religions.
L'intérêt c'est de montrer qu'il y a eu et qu'il y a encore plein de religions, et que les religions sont mortelles. Valéry disait que les civilisations savent qu'elles sont mortelles et il faudrait faire de même avec les religions."

Puis, je simplifie, mais l'idée est de donner une peu de modestie aux religieux, de leur faire réaliser que leur religion n'échappera pas au cycle de vie des autres religions passées. Et aussi de briser les mythologies toutes faites, et de réaliser que les religions se sont étendues et développées par mouvements de population, pas par révélations de dieu.

Wahou, il y a un sacré paquet d'information là-dedans!

- Rester underground. Je crois qu'il a un point fort ici: en s'attaquant de front à une religion on attaque un affect multi-générationel, à une culture, à une civilisation et on risque gros en parlant à des sourds. On risque de se prendre le plafond dans la tête, et par plafond je veut dire tous les brutos fondamentalistes, les couches respectables de la société, le pays, etc.
On est de plus soi-même généralement issu de tout cela et il est tout simplement impossible de tout renier sans garder des miettes!

- les religions sont mortelles: ça colle avec Epicure qui dit que les dieux sont matériels et n'échappent pas aux lois de la nature, donc à la désintégration...

- Enfin, comment s'en prendre à elles. Je comprends bien l'idée d'expliquer par l'historiographie des religions qu'elles sont éphémères, mais je suis moins enthousiaste et convaincu que Michel Onfray en ce qui concerne l'efficacité de l'argument sur les religieux.

Comme il le disait fort justement lui-même auparavant, les religions sont championnes de la survie et savent se recycler en prenant de nouvelles formes qui s'adaptent aux nouvelles théories et philosophies.
Et encore, ça ne s'applique qu'à ceux que l'on peut convaincre par la raison: les purs et durs se contrefichent et méprisent les cultes antérieurs forcément faux et s'y croient toujours supérieurs.

On a ainsi le paradoxe d'une entité polymorphe qui s'adapte en reniant ses formes passées. Cette entité est donc certainement pleine de contradictions mais elle sait amputer les idées les plus gênantes (souvent les plus anciennes), au fur et à mesure qu'elle grossit et phagocyte tout ce qui la gène!
De toute façon, cette entité se dit au-dessus des lois et se contrefout de la raison, donc les contradictions peuvent bien y stagner quelque temps...

Les cultes seraient-ils sujets à la volonté de puissance comme des êtres vivants? Bien évidemment, vu qu'ils ne sont que la façade d'individus ou d'une association d'individus à intérêts communs...

lundi, octobre 12, 2009

Au cirque, les bouffons!

The Genius of Charles Darwin - 4oD - Channel 4

Je ne comptais pas forcément discuter de cela aujourd'hui mais je suis tombé sur les dernières minutes du dernier épisode de cette émission hier par hasard, et je m'ai même pas eu le temps de regarder ce si peu de manière correcte.
Après un peu de recherche ce matin au calme, j'ai découvert que l'émission était présentée par Dawkins, un autre athée notoire qui crée la même polémique dans le monde anglo-saxon que Michel Onfray, avec la différence notable qu'il est encore plus direct et virulent contre les religions (sans doute par réaction car les cathos francais sont un peu plus essoufflés et moins argentés que les protestants puritains anglo-americains).

Et là je me demande: faudrait-il un fanatisme athée? Serait-ce seulement possible?

La question première est "Soit, mais dans quel but?"
Je pense que c'est tout ou rien si l'on part dans ce raisonnement.
Créer une civilisation athée devrait donc être le but a priori, pour contrebalancer les civilisations passées polythéistes (on parle en effet toujours de panthéons par culture: grec, romain, viking, celte, maya...), et les monothéistes (quoi qu'on en dise, chaque pays a sa religion officielle de nos jours, et les quelques mélanges sont juste la pour étoffer les statistiques officielles et prouver que certains pays sont plus diversifiés ou tolérants que d'autres...).

Le but etant fixé, serait-il possible d'achever un tel fanatisme?
Je ne suis pas si sur. Lorsque l'objet du fanatisme est parfaitement defini (...artificiellement dans le cas des fanatismes classiques: par un livre de reference et un gourou), c'est plutot facile, tout le monde n'a qu'a suivre le modele a la lettre et le panurgisme s'ensuit par habitude: avec les purs et durs suiveurs "a la lettre" en pointe, puis les convaincus et la base tiédasse qui suit comme toujours par effet de mode, avec par-ci par-là quelques tourbillons "de récupération" causés par des opportunistes, des dissidents...(pour me representer ce phenomene je pense aux losanges du "jeu de la vie" de Conway, lorsqu'un motif crée une explosion qui avance et laisse une trainee derrière elle).

J'ai peur que l'athéisme, presque toujours individualiste, ne soit condamné à apparaître et disparaître épisodiquement tel un phénix. Ceci dit, les communismes (chinois et russes) pourraient etre consideres comme des sortes de cultures athées, malgré la presence de sortes de prophetes et de livres pour se justifier.
Il est difficile de nos jours de se réclamer de ces états communistes totalitaires et de penser qu'ils furent/sont les plus proches de l'idéal athée. Pourtant, ces débuts détournés de leurs fins premières tendent a prouver qu'il y a moyen pour un état athée de s'établir, sinon de durer.

Question finale: le fanatisme athée serait-il souhaitable?

Ne risquerait-on de guérir le mal par le mal? Je lis les reactions sur autour de l'émission de Dawkins sur Darwin et la violence des religieux contre les athées est effrayante, parfois celle en retour ne cherche qu'a heurter plutot qu'a convaincre!

Même constat sur amazon dans les commentaires sur les livres de Michel Onfray (entre ceux qui l'aiment et ceux qui ne l'aiment pas.

Desproges disait que "je ne parle pas aux cons, ça les éduque", cela vaut-il la peine de risquer sa vie et sa santé mentale en essayant de convaincre des fous-furieux pire-que-sourds (tels sont ceux qui ne veulent pas comprendre ni entendre)?

Je me souviens avoir eu des conversations sans fin avec deux croyants modérés qui étaient convaincus que le centre du monde était leur lieu saint et qui préféraient s'enfoncer dans leurs faussetés géométriques (avec une orange a l'appui: ou est le centre d'une sphère?) plutôt que de s'avouer vaincus. Et dire qu'on leur doit la géométrie...

Dans ce cas typique d'impasse, les croyants vont soit:
1- se butter et secouer la tête en disant non-non-non j'ai raison t'as tort
2- jouer la montre en demandant a consulter leur doudou/livre sacré/gourou/penseur par délégation/rayer la mention inutile
3- en remonter a en-haut pour dire que c'est comme ça et pis voilà, tu peux pas comprendre
4- s'énerver et devenir menaçants (la paix d'en-haut étant rarement applicable a ceux qui n'y croient pas, les religions les plus pacifistes pouvant jeter des petits sourires au fond méprisants qui veulent dire "tu peux pas comprendre"). Cette dernière catégorie englobe aussi le classique "c'est celui qui dit qu'y est" du politiquement correct: on se fait maintenant traiter de fanatique faiseur de martyrs pour avoir dit quelque-chose d'aussi méchant...voir encore à ce titre les cathos qui parlent d'un retour a l'empire romain et aux lions sur amazon.fr au sujet d'un livre!
Peut-être effectivement faudrait-il jeter aux dragons ceux qui croient au père noël...

L'élitisme de Nietzsche commence a prendre son sens, et tels les juifs sous l'inquisition, peut-être vaut-il mieux faire semblant d'appartenir et de se conformer au credo dominant, sans renoncer pour autant à ne pas croire. Peu importe après tout que l'humanité croie à une chose ou une autre, la bêtise humaine n'ayant pas de limite, je crois que (heureusement) nous ne serons jamais des fourmis uniformément convaincues de la même chose, et c'est peut-être - tant mieux - ce qui permettra d'avoir des débats jusqu'à la fin des temps (à laquelle je ne crois pas, soit dit en passant, mais ça sera le sujet d'un autre article sur l'infini).

Comme dit l'autre "Quand je vois ce que je vois et que j'entends ce que j'entends, je suis bien content de penser ce que je pense!"