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lundi, octobre 12, 2009

Au cirque, les bouffons!

The Genius of Charles Darwin - 4oD - Channel 4

Je ne comptais pas forcément discuter de cela aujourd'hui mais je suis tombé sur les dernières minutes du dernier épisode de cette émission hier par hasard, et je m'ai même pas eu le temps de regarder ce si peu de manière correcte.
Après un peu de recherche ce matin au calme, j'ai découvert que l'émission était présentée par Dawkins, un autre athée notoire qui crée la même polémique dans le monde anglo-saxon que Michel Onfray, avec la différence notable qu'il est encore plus direct et virulent contre les religions (sans doute par réaction car les cathos francais sont un peu plus essoufflés et moins argentés que les protestants puritains anglo-americains).

Et là je me demande: faudrait-il un fanatisme athée? Serait-ce seulement possible?

La question première est "Soit, mais dans quel but?"
Je pense que c'est tout ou rien si l'on part dans ce raisonnement.
Créer une civilisation athée devrait donc être le but a priori, pour contrebalancer les civilisations passées polythéistes (on parle en effet toujours de panthéons par culture: grec, romain, viking, celte, maya...), et les monothéistes (quoi qu'on en dise, chaque pays a sa religion officielle de nos jours, et les quelques mélanges sont juste la pour étoffer les statistiques officielles et prouver que certains pays sont plus diversifiés ou tolérants que d'autres...).

Le but etant fixé, serait-il possible d'achever un tel fanatisme?
Je ne suis pas si sur. Lorsque l'objet du fanatisme est parfaitement defini (...artificiellement dans le cas des fanatismes classiques: par un livre de reference et un gourou), c'est plutot facile, tout le monde n'a qu'a suivre le modele a la lettre et le panurgisme s'ensuit par habitude: avec les purs et durs suiveurs "a la lettre" en pointe, puis les convaincus et la base tiédasse qui suit comme toujours par effet de mode, avec par-ci par-là quelques tourbillons "de récupération" causés par des opportunistes, des dissidents...(pour me representer ce phenomene je pense aux losanges du "jeu de la vie" de Conway, lorsqu'un motif crée une explosion qui avance et laisse une trainee derrière elle).

J'ai peur que l'athéisme, presque toujours individualiste, ne soit condamné à apparaître et disparaître épisodiquement tel un phénix. Ceci dit, les communismes (chinois et russes) pourraient etre consideres comme des sortes de cultures athées, malgré la presence de sortes de prophetes et de livres pour se justifier.
Il est difficile de nos jours de se réclamer de ces états communistes totalitaires et de penser qu'ils furent/sont les plus proches de l'idéal athée. Pourtant, ces débuts détournés de leurs fins premières tendent a prouver qu'il y a moyen pour un état athée de s'établir, sinon de durer.

Question finale: le fanatisme athée serait-il souhaitable?

Ne risquerait-on de guérir le mal par le mal? Je lis les reactions sur autour de l'émission de Dawkins sur Darwin et la violence des religieux contre les athées est effrayante, parfois celle en retour ne cherche qu'a heurter plutot qu'a convaincre!

Même constat sur amazon dans les commentaires sur les livres de Michel Onfray (entre ceux qui l'aiment et ceux qui ne l'aiment pas.

Desproges disait que "je ne parle pas aux cons, ça les éduque", cela vaut-il la peine de risquer sa vie et sa santé mentale en essayant de convaincre des fous-furieux pire-que-sourds (tels sont ceux qui ne veulent pas comprendre ni entendre)?

Je me souviens avoir eu des conversations sans fin avec deux croyants modérés qui étaient convaincus que le centre du monde était leur lieu saint et qui préféraient s'enfoncer dans leurs faussetés géométriques (avec une orange a l'appui: ou est le centre d'une sphère?) plutôt que de s'avouer vaincus. Et dire qu'on leur doit la géométrie...

Dans ce cas typique d'impasse, les croyants vont soit:
1- se butter et secouer la tête en disant non-non-non j'ai raison t'as tort
2- jouer la montre en demandant a consulter leur doudou/livre sacré/gourou/penseur par délégation/rayer la mention inutile
3- en remonter a en-haut pour dire que c'est comme ça et pis voilà, tu peux pas comprendre
4- s'énerver et devenir menaçants (la paix d'en-haut étant rarement applicable a ceux qui n'y croient pas, les religions les plus pacifistes pouvant jeter des petits sourires au fond méprisants qui veulent dire "tu peux pas comprendre"). Cette dernière catégorie englobe aussi le classique "c'est celui qui dit qu'y est" du politiquement correct: on se fait maintenant traiter de fanatique faiseur de martyrs pour avoir dit quelque-chose d'aussi méchant...voir encore à ce titre les cathos qui parlent d'un retour a l'empire romain et aux lions sur amazon.fr au sujet d'un livre!
Peut-être effectivement faudrait-il jeter aux dragons ceux qui croient au père noël...

L'élitisme de Nietzsche commence a prendre son sens, et tels les juifs sous l'inquisition, peut-être vaut-il mieux faire semblant d'appartenir et de se conformer au credo dominant, sans renoncer pour autant à ne pas croire. Peu importe après tout que l'humanité croie à une chose ou une autre, la bêtise humaine n'ayant pas de limite, je crois que (heureusement) nous ne serons jamais des fourmis uniformément convaincues de la même chose, et c'est peut-être - tant mieux - ce qui permettra d'avoir des débats jusqu'à la fin des temps (à laquelle je ne crois pas, soit dit en passant, mais ça sera le sujet d'un autre article sur l'infini).

Comme dit l'autre "Quand je vois ce que je vois et que j'entends ce que j'entends, je suis bien content de penser ce que je pense!"

vendredi, octobre 09, 2009

Microcosme et méthode

Microcosme : voilà le terme Democritéen que j'aurais du utiliser au lieu de "micro-monde" dans mon article précédent!

De plus, d'après l'article de Wikipedia il semble que Pythagore ait conclu un peu la même chose que moi (par rapport a ma chronologie, ou moi que lui, historiquement parlant...):

Pythagore (vers 530 av. J.-C.) développe le concept de microcosme. Un texte postérieur lui fait dire ceci :
"On dit de l'homme qu'il est un microcosme [mot créé plus tard, par Démocrite], non parce qu'il est composé des quatre Éléments -car c'est aussi le propre de chacun des êtres vivants et même des plus rudimentaires - mais parce qu'il possède toutes les valeurs du cosmos. Dans le cosmos, en effet, il y a des dieux et il y a aussi les quatre Éléments [découverts plus tard, par Empédocle], les animaux sans raison et aussi des plantes. Toutes ces valeurs, l'homme les possède. Il a, en effet, une vertu divine, la raison ; il a les possibilités naturelles des Éléments : se nourrir, se développer et engendrer son semblable. Il est cependant imparfait en chacune de ces valeurs et, de même que l'athlète complet qui n’a la forme nécessaire pour toutes les épreuves est inférieur dans chacune à celui qui ne pratique qu'un seul sport, ainsi l'homme, qui détient toutes les valeurs, souffre d'insuffisance dans chacune d'elles." Vie de Pythagore, apud Photius, Bibliothèque, t. VII, Belles Lettres.

Pour la petite histoire, je suis tombé sur le terme en lisant cet article sur Démocrite, dans un site très intéressant ou j'ai été attiré par une utile comparaison de Democrite et d'Epicure, meme s'il reste encore moins de traces de Democrite que d'Epicure.

Une différence: Pythagore semble incorporer la raison (le divin) dans le microcosme alors que je pense que la raison, la conscience EST le reflet extérieur d'un microcosme qui lui-même a une forme matérielle (persistance neuronale?), réfléchie et nourrie à partir des flux perceptifs provenant du Monde extérieur.

Pour moi la raison part d'un modèle interne imparfait que nous nous représentons du monde extérieur et a partir duquel nous expérimentons intérieurement plus ou moins sciemment (pensée, imagination, rêve).
Je suis tout a fait d'accord avec Pythagore sur l'imperfection du modèle, et je trouve important de réaliser l'impossibilité physique et logique qu'il le soit.

Aussi je me demande , y-a-t-il importance, voir intérêt à vouloir se représenter le monde de manière parfaite, identique comme le souhaitent les idéalistes?
Bien sur que non.

Primo, devenir le Tout, se représenter le Tout complètement et parfaitement n'est d'abord pas physiquement possible (voir physique Epicurienne: comment un corps, une partie pourrait-elle être le tout?), ni franchement souhaitable a priori: quel intérêt d'être quand on sais tout ce qui est?

Sans compter les paradoxes logiques: le monde change, comment puis-je changer exactement de la même manière? Et si le monde me contient, et que je contiens son modèle exact, ne dois-je pas aussi contenir ma propre représentation? Si A inclus B et B inclus A alors A=B. Quel intérêt d'être égal au monde?

De toute façon sur wikipedia, le point de vue de Marcel Platon est comme souvent a cote de la plaque...il se borne à comparer le corps humain au monde. Pas faux du point de vue métaphorique, mais pas super intéressant non plus hors du champ symbolique. "Oui, mon pied est comme la terre que je foule, mes nerfs comme des ramifications végétales." Bien vu, mais bof.

Secondo, je pense qu'il y a une forte intelligence a ne pas se représenter le monde de manière parfaite, mais de bien le modéliser de façon pragmatique, plutôt que de le mémoriser et de le copier bêtement. Je crois que Descartes a dit dans son discours que "La méthode est l'économie de la mémoire.". Une de mes devise!

Il est indispensable de comprendre cela quand on programme un logiciel avec des ressources limitées.
Le même algorithme peut être écrit soit de manière "simple" si on dispose de beaucoup de mémoire (comme on trie des documents en plusieurs piles si on a de la place chez soi), ou de manière complexe, plus organisée (si on n'a pas de place on minimise les piles et les mouvements pour ranger).
sur un ordinateur on peut aussi compresser au coût du temps de calcul: les données sont présentes, il faut juste un peu de temps pour y accéder et les décompresser.

Et quand je compare le cerveau a un ordinateur, cela prend encore plus de sens au niveau éducatif. On peut apprendre par cœur ou on peut systématiser, mais c'est la différence entre Rainman et Einstein (mashup: Rammstein? =) ). La mémoire n'est pas un mal, elle est indispensable sans le moindre doute pour la plus infime opération de l'esprit, mais ce n'est pas le facteur limitant le plus important: il est plus efficace d'apprendre une formule que la table de calcul.
Je pense que le cerveau humain par ses neurones, est particulièrement bon a modéliser et a généraliser de manière innée.

En revanche il y a une part de danger a déduire de telles règles non pas du monde mais du modele imparfait. Mais c'est aussi ce qui rend la vie si intéressante: toutes ces erreurs qui mènent à des résultats inattendus!
Il y a aussi une part ludique a essayer de se représenter le monde le mieux possible avec une vision déformée, partielle!

Pour Epicure, il est ainsi important d'observer la nature pour se la représenter, la "sentir", et la joie qui découle de sa compréhension est sans pareille.

On ne va pas toujours réinventer la roue, mais le chemin qui y mène sera plus facile a mémoriser si on l'a parcouru soi-même, et on y apprendra aussi beaucoup plus que la roue seule.

L'abstraction (dans le sens du principe de la boite noire) est très utile de nos jours avec la complexité croissante de la science, mais je ne comprends comment des gens peuvent programmer sans connaitre les bases du fonctionnement d'un ordinateur (mémoire, cpu, bus, stockage, système d'exploitation...).

Bon, lundi on va faire moins pratique, je vais parler un peu des dieux, j'ai deux-trois choses à en dire.