vendredi, octobre 16, 2009

En finir avec l'ère religieuse...

J'écoute pour la première fois ce jour M. Onfray, répondant aux auditeurs le 1er Août 2008:
"C'est l'arrivée d'une religion qui détruit une autre religion, et jamais on n'a eu l'exemple de l'abolition d'une religion par une autre philosophie."

En exemples: Robespierre et le culte révolutionnaire de l'être suprême, puis le Soviétisme.

Et finalement: "On ne décrète pas du jour au lendemain la fin d'une religion. La religion obéit à plein de choses et si veut s'attaquer à une religion il faut s'attaquer à ce qui rend possible la religion. Ça n'est jamais une bonne chose de s'attaquer à une religion.
En revanche attaquons-nous à ce qui génère les religions.
Justement, en faisant l'histoire des religions.
L'intérêt c'est de montrer qu'il y a eu et qu'il y a encore plein de religions, et que les religions sont mortelles. Valéry disait que les civilisations savent qu'elles sont mortelles et il faudrait faire de même avec les religions."

Puis, je simplifie, mais l'idée est de donner une peu de modestie aux religieux, de leur faire réaliser que leur religion n'échappera pas au cycle de vie des autres religions passées. Et aussi de briser les mythologies toutes faites, et de réaliser que les religions se sont étendues et développées par mouvements de population, pas par révélations de dieu.

Wahou, il y a un sacré paquet d'information là-dedans!

- Rester underground. Je crois qu'il a un point fort ici: en s'attaquant de front à une religion on attaque un affect multi-générationel, à une culture, à une civilisation et on risque gros en parlant à des sourds. On risque de se prendre le plafond dans la tête, et par plafond je veut dire tous les brutos fondamentalistes, les couches respectables de la société, le pays, etc.
On est de plus soi-même généralement issu de tout cela et il est tout simplement impossible de tout renier sans garder des miettes!

- les religions sont mortelles: ça colle avec Epicure qui dit que les dieux sont matériels et n'échappent pas aux lois de la nature, donc à la désintégration...

- Enfin, comment s'en prendre à elles. Je comprends bien l'idée d'expliquer par l'historiographie des religions qu'elles sont éphémères, mais je suis moins enthousiaste et convaincu que Michel Onfray en ce qui concerne l'efficacité de l'argument sur les religieux.

Comme il le disait fort justement lui-même auparavant, les religions sont championnes de la survie et savent se recycler en prenant de nouvelles formes qui s'adaptent aux nouvelles théories et philosophies.
Et encore, ça ne s'applique qu'à ceux que l'on peut convaincre par la raison: les purs et durs se contrefichent et méprisent les cultes antérieurs forcément faux et s'y croient toujours supérieurs.

On a ainsi le paradoxe d'une entité polymorphe qui s'adapte en reniant ses formes passées. Cette entité est donc certainement pleine de contradictions mais elle sait amputer les idées les plus gênantes (souvent les plus anciennes), au fur et à mesure qu'elle grossit et phagocyte tout ce qui la gène!
De toute façon, cette entité se dit au-dessus des lois et se contrefout de la raison, donc les contradictions peuvent bien y stagner quelque temps...

Les cultes seraient-ils sujets à la volonté de puissance comme des êtres vivants? Bien évidemment, vu qu'ils ne sont que la façade d'individus ou d'une association d'individus à intérêts communs...

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